vendredi 10 avril 2015

Les cahiers dessinés, l'exposition à Paris

On sait depuis le début de l'année 2015, ou plutôt on a collectivement et brutalement pris conscience, de l'importance du dessin et de son rôle social comme artistique.
Comme pour poursuivre cette discussion, La Halle Saint Pierre, temple de l'art brut et maison d'accueil de toutes les folies, accueille jusqu'au mois d'août l'exposition "Les cahiers dessinés".



Superbe mais...


Point positif : j'ai adoré. Point négatif : les photos étant interdites, je n'ai pas pu comme j'en ai l'habitude prendre des clichés de mes coups de cœur pour les mémoriser et les partager. Une expo qui interdit les photos me gâche la moitié de mon plaisir. Autant je peux comprendre face à des Hokusai vieux de 200 ans, autant la protection jalouse et un peu schizo du droit d'auteur me laisse perplexe. Le web me fait découvrir, me mène vers de nouveaux lieux, me mets en contact avec des artistes, et me permets de partager ce que j'aime. J'ai du mal à comprendre qu'on ne laisse pas circuler...

Pierre ALECHINSKY, La diagonale de Montagu

Des sources sûres


Les illustrations de cet article sont donc toutes glanées sur le web. Pas forcément ce que j'en ai retenu. Toutefois, avec environ 500 œuvres présentées, l'exposition est un véritable feu d'artifice graphique. Comme pour les expositions "Hey", on en ressort étourdi et inspiré. 

Laure Pigeon
Laure Pigeon, mon coup de cœur de l'expo

J'ai également pu découvrir la maison d'édition à l'origine de l'événement : "Les cahiers dessinés" est une maison d'édition qui consacre ses revues et ses livres au dessin en tant qu'art majeur. Une maison fondée par Frédéric Pajak, écrivain et dessinateur reconnu qui a inventé une forme hybride de récits où le texte et le dessin sont totalement imbriqués, notamment dans son oeuvre majeure "Manifeste incertain". Ses productions étant atypiques pour le monde parfois standardisé de l'édition, les difficultés du début ont sans doute été à l'origine de cette création. 


Le dessin sublimé


On admire les esquisses de Victor Hugo, les caricatures de Willem, les magnifiques illustrations de Sempé ou les créations folles d'artistes et d'anonymes du XIXe et du XXe siècle. Ce qu'on comprend en filigrane, c'est que le dessin est partout, une forme d'expression simple et complexe à la fois, à laquelle tout le monde peut accéder. Les artistes présentés ont entièrement consacré leur carrière à cet art, ou ont utilisé le dessin tout au long de leur parcours créatif. Les techniques sont parfois d'un niveau de détail déconcertant, parfois épurés et précis, parfois totalement abstraits, voire sans autre technique que l'inspiration et la vision. 




Pour aller plus loin


La maison "Les cahiers dessinés" a également dédié aux auteurs présentés dans l'exposition sa dernière revue du même nom, ce qui fait office de catalogue non exhaustif. A 39€ l'exemplaire, j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de variations proposées, encore une fois parce que sans photos je n'ai pas pu garder certains noms et œuvres en mémoire. 

Il est difficile de répertorier ce qu'on souhaite retenir face à autant de pièces et autant d'émotions transmises. Qui dit grande expo dit beaucoup à assimiler, et au bout d'un moment une fatigue à gérer. Mais ça, c'est parce que je ressens parfois un petit syndrome de Stendhal dont je reparlerai plus tard...

Infos pratiques


Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard 75018 Paris
Métro : Anvers/Abbesses
Ouvert tous les jours : semaine de 11h à 18h
samedi de 11h à 19h/ dimanche de 12h à 18h
Tarif : 8€ ; tarif réduit 6,50€